Onibi

Onibi – Carnet du Japon invisible
Éditions Issekinicho 2016
©Atelier Sentô
Dessins et photographies : Cécile Brun

Scénario et couleurs : Olivier Pichard

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Résumé :
Cachés au bord d’un sentier de campagne ou à l’ombre d’un temple, les esprits japonais, renards, tanuki et autres yôkai guettent le voyageur égaré dans l’espoir de lui jouer des tours. Cécile et Olivier, fraîchement installés en bordure de la mer du Japon à Niigata, achètent un vieil appareil un peu spécial censé imprimer ces esprits sur la pellicule. Dans leur quête pour les prendre en photo, ils dressent le portrait d’un Japon en équilibre entre deux mondes.

Les auteurs :
L’Atelier Sentô, un duo formé par Cécile Brun et Olivier Pichard, est né de voyages au Japon, de rencontres, de dessins et de photographies ramenés du pays du Soleil Levant. Ils aiment faire découvrir un Japon inhabituel, éloigné des clichés. Un Japon composé de villages perdus dans les montagnes, de fêtes populaires et d’esprits oubliés.

Interview des auteurs

Cécile et Olivier, vous êtes les auteurs, mais aussi les personnages principaux de Onibi. Qu’est-ce qui vous a attiré au Japon ?

Olivier : Au début, comme beaucoup, nous avons découvert le Japon à travers les films, la musique, les dessins animés, les estampes… Nous avons fait quelques brefs séjours dans des lieux touristiques : Tokyo, Kyoto, le mont Fuji, puis tout a changé grâce aux études de Cécile.

Cécile : J’étais en licence de japonais et j’ai eu la possibilité d’y aller en échange universitaire. J’ai choisi Niigata, dans le nord, un peu au hasard, et nous y sommes partis pendant un an. C’est une région peu touristique car il n’y a pas grand-chose à y voir. Nous y avons découvert un Japon moins “carte postale”, un Japon du quotidien.

 

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué pendant cette année à Niigata ?

Cécile : Avant tout, les gens qu’on y a rencontrés. Les Japonais prennent facilement les étrangers sous leur aile. Ils nous ont offert des légumes de leur jardin, nous ont emmenés visiter leurs endroits favoris… Ils nous ont fait découvrir leur pays et comment ils le voient.

Olivier : La vie à Niigata peut être difficile car l’hiver est très rude, mais les liens qu’on y a tissés nous poussent à y retourner régulièrement et à continuer à explorer cette région.

 

Dans quelle mesure votre bande dessinée Onibi est-elle inspirée de vos voyages ?

Cécile : Quasiment tout est vrai, les personnages sont de vraies personnes que nous avons rencontrées sur place, et les décors reproduisent les lieux exactement tels qu’ils sont dans la réalité. Les différentes histoires qui composent ce livre s’inspirent aussi de situations que nous avons personnellement vécues.

Olivier : À chaque fois que nous allons au Japon, nous dessinons de nombreux croquis, prenons beaucoup de photos et de vidéos. Nous sommes particulièrement intéressés par les détails de la vie quotidienne. Cette documentation nous a été très précieuse pour Onibi, afin d’ancrer le récit dans le réel.

 

Il y a tout de même une part de fiction, non ?

Cécile : L’atmosphère de Onibi est assez mystérieuse. Nous parlons de monstres et d’esprits et on peut se demander si nous n’avons pas tout inventé… Pourtant, là encore, ça reste très fidèle à notre expérience au Japon. Plus que de montrer de simples faits, nous souhaitons parler de notre ressenti.

Olivier : Quand on découvre un vieux temple perdu dans la forêt ou des statuettes de pierre en bordure des rizières, on se sent à la frontière d’un monde invisible, et le moindre son peut prendre une dimension surnaturelle. C’est cet équilibre entre deux mondes que l’on a retranscrit dans Onibi.

 

Le folklore reste donc assez vivant au Japon ?

Cécile : Les Japonais, même jeunes, restent très impliqués dans les matsuri, ces grandes fêtes traditionnelles peuplées de dieux et de monstres, souvent liées à la culture du riz. Les yōkai ont également su rester populaires grâce à des dessinateurs comme Hayao Miyazaki (Mon voisin Totoro) et Shigeru Mizuki (Kitaro le repoussant). La campagne et son folklore, qui étaient tombés en désuétude face à la modernisation du pays, sont en train de connaître un regain d’intérêt.

Olivier : Mais ce succès transforme peu à peu les yōkai en mascottes mignonnes. Ce sont surtout ces “nouvelles” mascottes qui sont populaires aujourd’hui. En perdant son côté sombre, le folklore japonais perd son authenticité. En discutant avec les personnes âgées, on a cette impression un peu triste d’une culture qui disparaît progressivement dans l’indifférence.

 

Y a-t-il malgré tout une touche d’humour ?

Olivier : Quand on voyage au Japon, il nous arrive toujours des choses bizarres à cause de codes culturels qui nous échappent et cela crée parfois des malentendus. Ça peut être stressant sur le moment, mais, a posteriori, c’est aussi très amusant.

Cécile : En tant que personnages principaux de Onibi, nous voyons le Japon à travers un regard d’étrangers. Les gens et les lieux de la vie quotidienne peuvent alors paraître plus étranges encore que les esprits et les yōkai. Nous essayons de jouer sur ce décalage et d’en rire.

 

Vous dessinez tous les deux, comment vous répartissez-vous les tâches ?

Olivier : C’est un vrai travail à quatre mains. On s’inspire de nos souvenirs et de photos que Cécile a prises avec un appareil identique à celui de la BD. À partir de ça, j’écris le scénario puis Cécile s’occupe des dessins.

Cécile : Je fais le story-board et le crayonné et, ensuite, Olivier se charge de l’encrage et de la couleur. C’est un va-et-vient constant qui aboutit à un mélange de nos deux styles. Finalement, notre ligne directrice est assez simple : nous dessinons Onibi comme si nous étions en voyage au Japon, un carnet de croquis à la main.

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Ces images  sont utilisables uniquement dans le cadre de la promotion des livres et doivent comporter les crédits des auteurs (Atelier Sentô). Les images en HD cmjn sont destinées à la publication papier.

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