Je connais la technique du cinemagraph depuis 1 ou 2 ans mais je n’avais jamais testé.
Le principe consiste à filmer une scène et de ne garder qu’un élément animé. On fige le reste. Pour la technique vous pouvez aller voir ce tutoriel, il existe aussi une appli iphone créée par Factyle dont m’a parlé Seth.
Ce procédé est surtout utilisé pour faire de la photo posée, que l’on a déjà scénarisée.
En faire sur le vif reste assez difficile :
- Repérer une scène qui peut « boucler ».
- Poser le trépied, cadrer.
- Filmer suffisamment longtemps pour avoir de la matière.
Ça oblige à très vite penser à ce qui va bouger et ce qui va rester figé bref un bon exercice de mise en scéne. Je vous conseille d’essayer.
La photographie de rue : c’est le style de photographie que je préfère et le Japon est un terrain de jeu idéal pour ça. Je ne sors jamais sans mon appareil (ni mon sac + 2, 3 objectifs, 4 batteries et 5 cartes mémoire… ) bref j’adore partir à l’aventure et tenter de revenir avec LE cliché qui me fera vibrer.
Voici une petite réflexion sur ma façon de procéder pour mettre toutes les chances de mon côté afin de ne pas rentrer « brocouille ».
1 – De prés ou de loin ? Choix de l’objectif.
Toutes les focales permettent de faire de la photo de rue, de l’ultragrand angle au téléobjectif. Avec n’importe quel objectif et n’importe quel appareil on peut faire de la photo de rue.
Photos prises au 12mm
Photos prises au 50mm
Photos prises au 300mm
Le sujet doit-il savoir qu’il est pris en photo ? Dans certains cas le sujet va changer d’attitude et l’on va perdre le naturel de la scène, dans d’autres cas cela va créer l’ambiance de la photo.
En règle général, je prends des photos sur le vif sans que le sujets ne me voie, je ne veux pas que le sujet pose pour ma photo, je cherche un instant de vie, pas un photomaton.
Après on peut choisir de parler avec son sujet de le faire poser, c’est aussi une façon de faire qui donne d’autres résultats. Un exemple ici avec la photo du jour de Color lounge.
2 – Préparer ou non sa sortie ?
On peut partir dans l’inconnu et compter sur la chance d’une rencontre ou de l’insolite. Ou bien « préparer » sa sortie, bien sûr on ne peut que vaguement savoir ce qu’il va arriver. Mais comme un pécheur on peut estimer avoir plus de chance dans un coin que dans un autre. C’est aussi une façon de donner un thème à sa sortie.
En général, je me fixe quelques points de chutes ( un temple, un endroit populaire… ) et le reste je me balade.
3 – Prendre son temps, mais rester aux aguets :
Il faut s’imprégner de ce qui vous entoure et avoir les yeux derrière la tête à la recherche de la scène, d’un sujet insolite. Je prends le temps de regarder, je m’arrête, je marche lentement, souvent dans le sens opposé de la foule. Pour certaines photos je peux rester 10 à 20 minutes à attendre, à regarder passer les gens. Certaines scènes ne durent qu’une fraction de seconde, il faut attentif.
4 – Un sujet, un environnement :
La photographie de rue c’est avant tout un sujet ( une personne, un groupe de personnes ) dans un lieu. Vous avez de grandes chances de réussir votre photo si l’interaction sujet/lieu est intéressante. Pour cela on peut jouer sur des rapports d’échelle personnage/lieu, jouer sur les contrastes, le contre-jour… Tout ça afin d’essayer de retranscrire un moment de vie qu’il soit drôle, poétique ou triste.
5 – Une attitude, un regard :
Quand je trouve un sujet, il peut être utile de patienter le temps qu’il regarde dans la direction idéale ou qu’il bouge pour avoir la meilleure dynamique. Malheureusement plus on doit attendre plus on a de chance d’être vu ou que le sujet parte. Quand le sujet est le seul a regarder dans la bonne direction cela permet de se focaliser sur lui et de ne pas être perturbé par les autres regards. ( photo 1 & 4 ). Si un regard en périphérie parasite la lecture de l’image, je recadre. ( photo 3, j’ai coupé le personnage dans le bord haut à gauche )
6 – Le cadrage :
Je pense toujours sujet/lieu et comment mettre en valeur le sujet dans son environnement. Pour ça il existe des règles basiques qui permettent de pas trop se louper. J’essaie de trouver des lignes de forces dans l’image en m’aidant de l’architecture et de la position du sujet. J’essaie de faire ressortir l’harmonie du chaos ( ce qui n’est pas évident ).
Forte perspective avec point de fuite derrière le mikoshi.
Une composition classique utilisant la règle des tiers.
Le regard du sujet est placé sur les lignes des tiers.
Le personnage est toujours positionné grâce à la règle des tiers. Les vitres ainsi que les personnages créent une série de lignes verticales.
7 – Jouer sur la vitesse, la profondeur de champ :
J’utilise des « règles » photographiques pour appuyer mon message. Vitesse lente pour rendre une foule en mouvement, vitesse rapide pour figer l’instant. Profondeur de champ courte pour isoler un sujet, profondeur de champ large pour avoir le sujet et son environnement.
Choix d’une vitesse d’obturation lente.
Isoler, faire ressortir son sujet avec une profondeur de champ courte.
Montrer le sujet dans son environnement avec une profondeur de champ importante ou hyperfocale.
8 - Se mettre à la hauteur de votre sujet : Quand je prends une photo je n’hésite pas à me mettre à la hauteur de mon sujet, cela permet d’être avec lui, de voir à sa hauteur. Un photo réussie commence par un bon choix de son point de vue ,de sa position par rapport au sujet ( même si cela nécessite de se plier en 2 ou de se coucher par terre ).
9 – La plus belle photo sera toujours celle que vous n’avez pas réussi à faire. Combien d’instants manqués ? Je ne les compte plus. C’est ça qui me donne envie de m’améliorer. Il faut apprendre de ses erreurs et trouver des solutions. Il faut toujours être à 200% quand on fait de la photo.
10 – Soigner votre prise de vue :
Je fais mon maximum pour faire une photo qui ne nécessitera pas de recadrage. Je choisis mes réglages et je m’efforce de bien cadrer. Dans les photos utilisées en exemple dans cette note, seule deux ont été recadrées et une a eu un redressement de perspective, je recadre moins de 10% de mes photos.
11 – Une activité solitaire :
Je fais de « bonnes photos » quand je suis seul, quand personne ne me parle, quand je peux changer de direction ou rester planter à un endroit pendant 20 minutes sans bouger, sans avoir à faire attention aux gens qui sont avec moi. Il m’arrive, quand je pars le matin pour faire des photos, de ne pas manger à midi, juste boire de l’eau et parcourir 10 à 15 kilomètres à pied à travers Tokyo. Choisissez un appareil photo qui nous convient bien mais ne négligez pas de bonnes chaussures.
Évidemment on progresse en photo en allant sur le terrain, pas en passant son temps sur les forums à comparer du matériel photo sans jamais s’en servir. Un appareil photo moyen qu’on utilise à 100% donne de meilleurs résultats qu’un bon appareil que l’on utilise à 50%. Les meilleurs caractéristiques techniques ne font pas un bon appareil. La prise en main joue beaucoup. Il faut avoir un bon feeling avec son appareil, ce qui vous donnera envie de faire des photos.
En bonus un reportage/entretien avec Henri Cartier Bresson :