Techniques photo

Mardi 22 oct | 2013

Tokyo blue – un documentaire de Sylvain Garassus

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C’est bientôt la sortie des livres Nippon no haikyo et Nekoland, nous avons pu répondre à différentes interviews, on remercie d’ailleurs les gens qui portent de l’intérêt à notre travail et à celui de Jordy.

Mais aujourd’hui on ne va pas parler de nous. J’aimerais vous présenter Sylvian Garassus et son travail sur le documentaire Tokyo Blue. J’ai découvert son travail un mois avant de partir du Japon et le temps que l’on entre en contact, j’ai loupé la chance de le rencontrer. Avant de lui poser quelques questions sur son travail, je vous invite à regarder l’extrait de son documentaire Tokyo Blue encore en production.

 

Bonjour Sylvain, pourrais-tu te présenter ?

Bonjour, je m’appelle Sylvain Garassus, je suis caméraman et réalisateur, j’ai surtout travaillé dans le domaine du documentaire animalier et je vis entre la France et le Japon depuis plus de 10 ans.

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Peux tu présenter ton projet Tokyo Blue ?

Il s’agit d’un documentaire sur un groupe de SDF japonais qui s’étaient installés dans un terrain au bord d’une rivière de Tokyo. Ils étaient une cinquantaine à vivre là dans des cabanes de toile bleue, mais ils ont désormais été expulsés. Le film suit quelques uns d’entre eux sur une longue période qui va jusqu’à leur expulsion. Il s’agit d’un film intimiste qui reste proche d’eux mais cherche aussi à aborder, à travers eux, des sujets plus vastes liés à la société japonaise – ou à la société en général.

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Comment est venu l’envie de traiter ce sujet ?

J’ai rencontré le premier d’entre eux un jour où je pêchais au bord de la rivière, en 2010. Je me suis tout de suite dit que c’était un personnage incroyable : il vivait depuis 15 ans dans une cabane en bois en plein Tokyo, travaillait 3 ou 4 jours par semaine pour nourrir une quinzaine de chats… Le lieu aussi m’a séduit : une espèce d’enclave, une jungle miniature à la végétation exubérante, oubliée par la ville.

Mais en fait, c’est depuis mon premier passage au Japon que je m’intéressais à la population de SDF de Tokyo. Je voulais en apprendre davantage sur eux, savoir comment ils en étaient arrivés là, comment ils vivent et pourquoi ils semblent à ce point invisibles aux yeux des japonais “normaux.”

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As tu rencontré des difficultés lors du tournage ?

Évidemment, le tournage n’a pas été facile tous les jours. Il s’agissait d’une immersion parmi les SDF : lors des tournages j’étais seul, je montais ma tente au bord de la rivière et vivais avec eux. J’ai néanmoins rapidement remarqué qu’il était préférable que je fasse des séjours plutôt courts et que je les laisse retourner à leur vie normale et à leurs habitudes. En ce qui concerne les désagréments, il y avait les nuits étouffantes en août, les nuages de moustiques, les pluies diluviennes parfois… Mais les seules vraies difficultés étaient dans les relations humaines, en particulier à cause la menace d’expulsion qui pesait sur eux. Ce sont des points qui sont abordés dans le film.

Pour conclure sur ce sujet, je dirais que ça a été une expérience parfois très dure mais pourtant très enrichissante et pour moi très positive. Je suis encore en contact régulier avec la plupart de ceux que j’ai filmés et je les revois toujours avec plaisir.

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L’extrait du documentaire date d’un an, peux tu nous dire ce qui s’est passé depuis ?

Depuis la mise en ligne du trailer, j’ai terminé les tournages et commencé le montage du film proprement dit. J’ai la chance de travailler avec une équipe passionnée qui apporte beaucoup au film – ce qui me change de la phase de tournage qui était très solitaire.

En parallèle, nous avons continué à chercher des débouchés pour le film et nous avons plusieurs pistes intéressantes.

C’est un projet que nous n’avons pas financé de manière conventionnelle (avec une chaine de télé dès le début), ce qui nous apporte beaucoup de liberté mais en revanche nous impose de travailler avec peu de moyens et parfois des délais un peu longs. Nous espérons néanmoins terminer le film d’ici le début de l’année 2014. Évidemment, je vous tiendrai au courant.

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Merci à Sylvain de nous avoir autorisé à publier ses photos pour illustrer l’interview. On reste en contact et on vous tiendra au courant dés qu’une date de diffusion sera fixée.

 

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Lundi 15 avr | 2013

Réflexion – l’avenir de nos photos

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En faisant nos cartons pour déménager à Strasbourg, j’ai trouvé une vieille boite en fer.
Cette vieille boîte à gâteau contenait des photos, certaines remontent à la 1ère guerre mondiale. Dans un album, j’ai retrouvé aussi des clichés des années 80 avec mes parents, moi enfant, une pochette avec des négatifs… Ça nous arrive tous de regarder de vieux albums photos et de nous replonger dans notre passé.

Mais dans 10, 20 ou 30 ans quand vos enfants voudront revoir vos photos, l’exercice ne sera peut-être pas aussi simple…

Imaginez la scène, dans 30 ans vos enfants ou un membre de votre famille retrouve dans une boite, des dvd. Trop jeune, il n’a pas connu ce support et la technologie a été remplacée depuis longtemps par autre chose. De plus, en ayant ce dvd entre les mains, impossible de savoir ce qu’il contient : photos, musique, films, documents… ou tout ça à la fois ?
Même s’il le met dans un lecteur de dvd, peut-être que les données auront été detruites avec le temps.
Vos photos n’auront pas survécu. Si ce que je dis vous semble impossible, prenez une disquette qui a 15 ans et essayez de lire les fichiers qu’elle contient. Vous n’aurez surement plus de lecteur, la disquette aura de grande chance d’être démagnétisée et même si elle montait sur votre ordinateur vous ne trouveriez peut-être plus de logiciel pour lire les fichiers.

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De l’argentique au numérique :
Le passage à la photo numérique a bien sûr permis de multiplier le nombre de photos, de partager plus facilement et à plus de monde. Mais la photo numérique a surtout changé de support de stockage.
Un album et des pochettes plastiques suffisent à stocker des tirages et des négatifs. D’un seul coup d’œil sans machine et sans électricité, je peux regarder un négatif, trier et stocker mes photos. Certes ça prend plus de place, il n’y a pas de mots clé, mais avec un minimum d’organisation, on s’y retrouve. Et surtout sans connaissance technique tout le monde peut regarder les photos.

Avec le numérique, le photographe devient informaticien et doit acheter de l’espace de stockage. Si on court après les pixels, ces photos de plus en plus lourdes demandent de plus en plus de place de stockage.

On ne vole pas un album photo :
Un album de photos de famille ou de mariage ça n’intéresse pas les cambrioleurs, par contre ils risquent fortement de repartir avec votre matériel informatique. Et si vous stockez uniquement dans votre ordinateur, vous perdrez 1, 2 ou 3 ans de votre vie iconographique. De même, la foudre tombe rarement sur un album photo mais plus fréquemment sur un ordinateur.
Vous aurez compris où je veux en venir : par sécurité, multipliez les supports. Pensez à avoir une copie de vos images sur un autre support, dvd, cd, disque dur… à vous de choisir le support le plus fiable selon votre budget.

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Condamnés à back-uper :
Nous sommes condamnés à maintenir en vie nos photos, les protéger de la destruction et du vol, mais aussi les maintenir lisibles au fil des changements de technologie. Que laisserons-nous à nos enfants, je ne sais pas vraiment.

Différents supports ont déjà été remplacés et sont devenus obsolètes. Qui est capable d’ouvrir aujourd’hui une disquette zip ou un syquest ? Ces supports étaient encore courants il y a 10 ans. Peut-être que vos enfants devront faire de l’archéologie numérique ( retrouver sur les brocantes des lecteurs ou des vieux ordinateurs ) afin d’ouvrir vos fichiers.

Si certains articles titraient récemment que notre génération est celle qui a créé le plus d’informations et d’images depuis le début de l’humanité, c’est aussi notre génération qui laissera le moins de traces.

Quel avenir pour mes photos du Japon ?
Est-ce que je pourrais encore les ouvrir et les regarder dans 20 ans ? Je n’en suis pas sûr. Actuellement j’ai opté pour une sauvegarde simple :
un disque de travail de 2TO et une sauvegarde de ces 2TO sur 4 disques de 500GO. Les 4 disques de 500GO étant dans un autre lieu que mon disque de travail pour éviter le vol ou un incendie qui détruirait la totalité de mes données d’un seul coup.

Quelques conseils :

Il y a plein de solutions de sauvegarde ( disques durs, NAS, Cloud… ) et les prix sont très variables, à vous de trouver celle qui vous va le mieux. Voici quelques conseils quand même.
- Pensez à une sauvegarde logique, essayez de ne pas éparpiller vos données ( un peu de photos sur un disque mélangées avec d’autres fichiers qui n’ont rien à voir, un peu de photos sur un autre disque au milieu de vos fichiers de travail… ).
- Optez pour un bon logiciel de catalogage qui permet de trier et d’ajouter des mots clés.
- Triez régulièrement, ça sera plus simple et plus sûr que de trier une fois tous les 6 mois.
- Gardez les fichiers RAW (si votre appareil peut photographier en RAW ) les logiciels évoluent et les gèrent de mieux en mieux. Ne les jeter pas pour gagner de la place en les convertissant en jpg.
- Pensez à garder aussi les instals des logiciels ( sur le même disque si vous avez la place ).
- Vérifiez vos disques régulièrement afin d’anticiper les problèmes matériels.
- Jetez les photos vraiment ratées ou mettez les dans un autre dossier. Elles noient les bonnes photos et ralentissent vos recherches.
- Faites des tirages papier ( un tirage papier vit plus longtemps qu’un CD ), les tirages numériques sur papier baryté imprimés avec des encres de qualité ont une durée de vie estimée à 100 ans.

Voilà, je sais que dans cet article je soulève surtout des problèmes et je n’apporte pas de solution, mais je trouvais intéressant d’aborder ce sujet. N’hésitez pas à donner votre avis sur vos solutions de stockage et si vous avez des astuces.

Bon en tout cas, pendant le prochain week-end pluvieux si vous ne savez pas quoi faire, faites du tri dans vos photos !!
:-p

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